Le présent rapport fait le point des actions conduites par le Conseil de Gestion des Secours d’Urgence (COGESUR), conformément à ses missions définies par le décret n° 2009-722¬/PRES/PM/MEF/MASSN du 16 octobre 2009 portant mise en place d’un dispositif de gestion des secours d’urgence, suite aux inondations du 1er septembre 2009. Ce rapport de 67 pages comporte outre l’introduction et la conclusion, trois (03) grandes parties.
L’introduction aborde successivement les origines et les causes des inondations du 1er septembre 2009, le bilan humain et matériel des inondations, les effets et impacts de la crise ainsi que les stratégies de gestion mises en œuvre. En termes de causes le rapport relève principalement les facteurs humains et les facteurs naturels.
Au titre des facteurs humains :
L’occupation anarchique des zones inondables et des zones de servitudes par des habitations, des aménagements ou des installations inappropriées ;
La précarité de l’habitat ;
L’absence et le dysfonctionnement des réseaux de drainage et d’évacuation des eaux.
Ces facteurs engagent à la fois la responsabilité de l’administration et celle des populations.
Au titre des facteurs naturels :
Les changements climatiques ;
La grande quantité d’eau tombée en très peu de temps (entre 263 et 330mm en10 heures).
Onze (11) des treize (13) régions ont été touchées dans l’ensemble du pays, faisant ainsi environ 150 000 sinistrés dans la Région du Centre et 70 000 dans les autres localités. Un rapport d’évaluation conjointe PNUD/Gouvernement/Banque Mondiale des dommages, pertes et besoins fournit un bilan détaillé. En ce qui concerne la gestion de la crise, le rapport revient sur l’appel solennel et historique de son Excellence Monsieur le Président du Faso le 07 septembre 2009 qui a permis de mobiliser des contributions de toutes natures afin de soulager les populations sinistrées. La gestion proprement dite a consisté en la prise en charge des sinistrés à travers des mesures d’urgence et de réhabilitation par l’entremise d’un dispositif de gestion comprenant un Conseil d’Orientation, un Conseil de Gestion des Secours d’Urgence (COGESUR), une Unité de gestion et des Unités opérationnelles.

PREMIERE PARTIE DU RAPPORT
Elle est consacrée à la présentation du COGESUR dont la mise en place répondait à une forte volonté politique des autorités Burkinabès d’imprimer une gestion rigoureuse et transparente des opérations de secours d’urgence. Ses principales attributions étaient de :
Superviser la mise en œuvre des orientations et des programmes d’intervention en matière de secours aux sinistrés ;
Faire des propositions sur des actions et des activités à mener ;
Mettre en œuvre le budget de secours et d’en assurer la supervision ;
Recevoir les rapports d’exécution financière et les rapports d’activités ;
Produire des rapports d’évaluation.
Le COGESUR a fonctionné sur la base d’un manuel de procédure, et d’un règlement intérieur. Il a régulièrement rendu compte au Conseil d’Orientation, tout en lui soumettant ses recommandations et suggestions.
DEUXIEME PARTIE DU RAPPORT
La deuxième partie du rapport fait l’état de la mise en ouvre des missions du COGESUR. Au titre de la supervision de la mise en œuvre des orientations et des programmes, le rapport mentionne que 43 réunions hebdomadaires ont été tenues en vue d’échanger et d’analyser des problèmes de mise en œuvre des opérations, de prendre des décisions et de formuler des recommandations. Par ailleurs, de nombreuses sorties de visites et de contrôles ont été effectuées sur les sites abritant les sinistrés et dans certaines régions, assorties de recommandations au Conseil d’Orientation.
Au titre de la supervision de la mise en œuvre du budget des secours d’urgence, le COGESUR a examiné 61 rapports hebdomadaires, 15 rapports mensuels et quelques rapports spécifiques de l’Unité de Gestion, autorisé des paiements d’un montant total de dix sept milliards huit cent quatre vingt douze millions sept cent soixante dix neuf mille quatre cent trente quatre francs (17 892 779 434 F) et assuré la ventilation de dons en nature d’une contre valeur de neuf cent millions quatre vingt mille six cent quarante six francs (900 080 646 F).
En outre, le COGESUR a eu recours à des structures spécialisées notamment des cabinets pour effectuer des audits techniques et financiers. Ces audits ont concerné les procédures de collecte des contributions, la gestion financière des opérations de secours d’urgence, le contrôle post-réalisation des actions de secours d’urgence. Les cabinets CAEM-SARL et CAFEC-KA ont été respectivement retenus pour l’audit technique et l’audit financier. Les constats et recommandations de ces audits ont été consignés dans ledit rapport.
TROIXIEME PARTIE DU RAPPORT
La dernière partie dresse le bilan financier de la gestion des inondations et indique les leçons apprises, les difficultés rencontrées, les défis à relever ainsi que les recommandations.
Sur le plan financier, à la date du 30 novembre 2010, 2621 contributions ont été enregistrées d’un montant global de dix huit milliards neuf cent vingt cinq millions six cent vingt cinq mille six cent vingt cinq francs (18 925 625 625 F) réparties en contributions volontaires et en subventions de l’Etat. A la même date, le total des dépenses autorisées par le COGESUR se chiffrait à dix sept milliards cinq cent quatre vingt trois millions trente mille huit cent soixante douze francs (17 583 030 872 F). Des annexes donnent un détail des dépenses effectuées par l’Unité de gestion et un récapitulatif de gestion des stocks relatifs aux dons.
Pour le bilan moral, beaucoup de difficultés ont été notées dans les réponses aux besoins primaires des sinistrés, la réhabilitation des infrastructures, les problèmes de communication et le fonctionnement du dispositif de gestion. Cependant, d’importants acquis méritent d’être relevés.
Il s’agit entre autres :
De la consolidation des bases de la solidarité au Burkina Faso qui est une vertu essentielle à cultiver et à sauvegarder,
Des stratégies ou leçons acquises en matière de gestion de grandes catastrophes,
De la remise en question de notre système d’aménagement et d’assainissement urbains,
Du relogement des sinistrés sur des sites aménagés,
De la réhabilitation d’ouvrages endommagées et d’infrastructures etc.
En outre, le rapport fait état de sept (07) défis majeurs à relever par l’Etat Central, les collectivités territoriales, la société civile, les communautés à la base et les partenaires techniques et financiers.
Ces défis sont :
1. La consolidation des mécanismes de prévention et de gestion des secours d’urgence sur l’ensemble du territoire par la mise en place des projets communautaires de réduction de risques de catastrophe et d’adaptation aux changements climatiques ;
2 La poursuite de l’aménagement du site de Yagma pour en faire un quartier d’avenir (infrastructures socio-sanitaires et éducatives, sécuritaires, assainissement, accès à l’eau courante, électrification…) ;
3 La mise en œuvre des mécanismes de relèvement économique des populations victimes des inondations du 1er septembre ;
4 La poursuite de la délimitation des zones inondables de Ouagadougou avec une communication permanente sur les actions et les objectifs poursuivis ;
5 La délocalisation des populations de ces zones inondables ;
6 L’aide aux victimes des inondations et autres catastrophes en tenant compte de l’équité ;
7 La mise en œuvre de programmes ciblés de réduction de la pauvreté dans les zones urbaines.
Des suggestions et recommandations ont été faites dans cette dernière partie du rapport :
1. Aux autorités communales :
veiller à l’application stricte des règles dans les domaines de l’aménagement et l’assainissement urbain, de l’occupation des espaces et travailler à une amélioration du cadre et des conditions de vie des populations vivant dans les zones non loties ou nouvellement loties ; <
sensibiliser les populations à adopter de comportements positifs en matière d’urbanisme et de protection de l’environnement ;
Mettre en place lors des sinistres, des comptes spéciaux bancaires pour loger les fonds destinés à leur gestion.
2. Au gouvernement :
Au plan de la gestion comptable et budgétaire
élaborer les outils de gestion comptable et budgétaire ;
former les intervenants en matière de gestion des catastrophes et mettre ces outils à leur disposition ;
Commanditer des investigations complémentaires pour déceler les causes des écarts entre les situations financières des unités opérationnelles.
Au plan de l’identification et de la gestion des victimes
mettre en place des outils d’identification et de gestion des victimes ;
établir des cahiers de charge pour les interventions des acteurs sur les sites d’hébergement.
Au plan de la réalisation des ouvrages et voiries
Concernant les travaux dont les audits révèlent que les montants à l’exécution sont supérieurs au montant du marché, le Conseil de gestion des secours d’urgence, recommande que des remerciements officiels soient adressés aux entreprises qui ont effectué ces travaux.
Quant aux travaux dont les montants à l’exécution sont inférieurs aux montants des marchés, le Conseil de gestion des secours d’urgence, recommande que des dispositions soient prises pour le remboursement des sommes trop perçues par les entreprises ;
En ce qui concerne la situation particulière des travaux d’ouverture des voies d’accès au site de YAGMA, des dispositions doivent être prises pour l’achèvement des travaux ou le remboursement des sommes trop perçues et l’application ferme des dispositions règlementaires en matière d’exécution des marchés publics.
Au niveau du bâtiment des aides familiales, le Conseil de gestion des secours d’urgence recommande la réalisation des travaux complémentaires sur le budget des secours d’urgence.
En guise de conclusion, le rapport note dans l’ensemble, un bon fonctionnement du dispositif de gestion et observe que les insuffisances constatées sont en partie inhérentes au caractère spécifique de cette crise du 1er septembre 2009. Il exhorte le Conseil d’Orientation à examiner et à donner suite aux recommandations non encore prises en compte et formule le vœu que le reste des activités en instance soit poursuivi et parachevé par les autres maillons du dispositif de gestion.
Ouagadougou le 06 avril 2011
Président,
Abbé Isidore OUEDRAOGO
Le Rapporteur
Raphaël K. ZONGNABA,
Chevalier de l’Ordre National
